Atelier chansons « bien-être » à Fontenay sous bois

 

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C’est à la maison St François qu’avait lieu ce jeudi 7 mars, cet atelier de « musicothérapie » pour les résidents en souffrance mentale et physique. C’est au sein du « Foyer » que l’on peut apparenter à une unité de vie protégée que j’étais attendu.

Je me rends dans cet établissement de Fontenay sous bois une fois par mois pour célébrer les anniversaires depuis quelques années maintenant alors je connais bien cette maison ou il fait bon finir de vieillir.

Armelle, la talentueuse animatrice de la maison, avait constitué un petit groupe de résidents dont la mémoire fait défaut, et nous avons expliqué au  personnel soignant que nous avions besoin de calme et que cette fois-ci  je n’étais pas là pour faire la fête (comme tous les derniers jeudis de chaque mois).

Cette date est offerte par le groupe de restauration collective SOGERES, et c’est une belle initiative de la part d’Armelle de savoir faire profiter de cette prestation offerte aux résidents les plus fragiles.

L’éclairage du foyer était feutré, les rideaux tirés, et la lumière du Znoezelen était tout à fait adéquate.

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Plus souvent utilisé à l’intention de personnes souffrant d’autisme profond, Le snoezelen est une stimulation multisensorielle contrôlée, une pratique visant à éveiller la sensorialité de la personne stimulée, dans une ambiance sécurisante.

Avant de commencer:

Nous avons dédié cet atelier chansons à notre copain Robert qui vient de partir pour le grand voyage… J’aimais beaucoup cet homme là. Il ne venait aux animations que quand c’était moi qui animait, il ne manquait jamais de se faire « beau » pour l’occasion et chantait à merveille de sa voix de Baryton. Un homme franc, un homme de la terre, un bel homme qui a fini ses jours dans un établissement aimant.

RIP Robert

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Atelier du jour :

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Réveiller certaines zones du cerveau grâce à la chanson populaire, et apporter un bien être aux plus souffrants.

De notre naissance à notre dernier souffle, nous entendons au moins une chanson par jour. La chanson populaire et ses mélodies qui se retiennent facilement est mon meilleur atout et mon principal outil pour tenter de faire chanter des personnes qui bien souvent ne savent plus trop qui elles sont et ce qu’elles font là.

Les résultats sont immédiats. Je vois arriver des personnes fragilisées par leurs pathologies. On parle un peu, elles me racontent ce qui leur passe par la tête ou ne disent rien et me fixent d’un regard profond. Et puis je commence à chanter, n’importe quel titre des années 40 à nos jours, en insistant sur les années 60 et 70 parce qu’elles sont riches en chansons populaires et que les personnes de plus de 70 ans écoutaient la radio.

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Le « transistor » comme on l’appelait à l’époque, nous suivait partout, même en vacances, sur la plage. On le collait à notre oreille pour ne pas déranger notre voisin de serviette, et on écoutait les grands succès de Delpech, Sardou, Dassin, Fugain, Mike Brandt etc… que RTL ou Europe 1 nous diffusait entre deux flashs infos et un petit crochet sur la route du tour de France (Jean-René Godard sur la moto en direct de la route du tour! ah comme c’était bon!).

Mais revenons au foyer de la résidence:

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Je commence donc à jouer et chanter une chanson, par exemple, Chez Laurette de Michel Delpech, et là je vois les visages crispés du début se détendre très vite, les sourires s’afficher, et les résidents fredonner le refrain du bout des lèvres.

La plupart d’entre eux sont incapables de citer le titre ni même l’artiste qui chantait ça mais ils savent chanter « C’était bien Chez Laurette quand on faisait la fête » et ne se trompent pas de mélodie.

 

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Puis on enchaine comme ça pendant une heure. On fait des pauses discussions, je leur parle de la chanson, de l’artiste, nous embrayons sur une autre chanson, comme celles de Michel Sardou par exemple. Qui ne connaît pas  La maladie d’amour ?

Et pendant une heure, on écoute, on chante ou pas, on oublie ses problèmes, ses douleurs, ses états d’âme. On laisse aller nos émotions!

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Y a une petite dame à la maison St François qui râle beaucoup et qui n’aime que les chansons grivoises. Et bien allez hop, un petit coup de Jeanneton prend sa faucille et la petite dame arrête de se plaindre, elle s’allume en une seconde si je lui chante « la digue du c... » et ça lui fait du bien. Et là, idem, les paroles elle les connait mieux que quiconque. Elle est plus que centenaire!

Bon elle n’était pas présente à l’atelier mais je la croise aux anniversaires. madame « chansons paillardes » dans cet établissement faisant partie de l’association Monsieur Vincent. Chez eux on accueille des laïques et on les respectent.

Suite et fin de notre séance au foyer de la maison St François:

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Quelques chansons étrangères comme Besame mucho ou Sodade. Quelques douceurs de Michel Fugain, Edith Piaf ou France Gall avec Si maman si. Quelques arpèges sans paroles, Qui saura et  Je n’aurais pas le temps pour l’ami Jean, et une chanson magnifique de Michel Sardou, La vieille.

Ce moment musical s’adressait donc aux plus souffrants mais aussi à ceux que la pathologie empêche de tenir en place, et encore à ceux qui ne savent plus très bien pourquoi ils sont là ni comment ils s’appellent.

C’est toujours troublant de constater que dès les premières notes de guitare, tout le monde s’assagit, comment Huguette, Monique, Hélène sont captées par les chansons et ne s’agitent plus.

Pour ceux qui sont en fauteuils-lits, c’est à dire en souffrance, les chansons les plus douces possibles les apaisent très vite et je vois leurs visages se détendre rapidement. Certains finissent même par s’endormir. Yvonne est en souffrance depuis quelques temps. Elle se plaint, elle ne veut pas participer aux animations. Aujourd’hui elle hésitait à venir. Finalement elle s’est relaxée et a même participé à certaines chansons.

J’ai pour coutume de venir au plus près de ceux qui sont « alités en fauteuil » pour que ma guitare les touche et qu’ils sentent ses vibrations. A chaque fois que je fais ça, ils sourient les yeux fermés.

L’ambiance était très détendue. Armelle passait de temps en temps et massait légèrement les crânes de certains résidents pendant qu’ils m’écoutaient.

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Mon copain Jean est arrivé tard, accompagné par Colette, son épouse. Ils ignoraient que j’étais dans les murs. Ils ont quand même profité de la moitié de l’atelier et Jean a chanté, même très bien chanté. Bravo!

Nos amis de l’accueil de jour étaient conviés, ils ont drôlement bien participé aux chansons et aux discussions, je les remercie.

En l’absence de Jean-François, talentueux chef cuisinier, c’est Fatima (second cuisine) qui a créé quelques desserts pour les plaisirs de la bouche après ceux des oreilles et du corps. Merci Fatima de jouer le jeu avec nous. Lors de la mini-tournée SOGERES, les chefs ne s’impliquent par tous comme ça. Bravo!

Cette tournée des établissements « cuisines SOGERES » continue. C’était la première date ce jeudi. Prochaine étape à la M.A.S. (maison d’accueil spécialisée) de Noiseau (94), demain.

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Je serai de retour à la maison St François pour les anniversaires le jeudi 28 mars.

 

 

 

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