Michel Delpech : L’album « Comme vous » chapitre 1

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Nous sommes aujourd’hui le  20 octobre 2017.

Michel Delpech nous a quitté il y a bientôt deux ans. J’ai pleuré mon ami, il me manque énormément  pour des centaines de raisons personnelles.

Le magnifique chanteur qu’il était manque sans aucun doute à beaucoup de monde.  .

Il nous reste ses chansons, l’oeuvre de sa vie professionnelle !

Aujourd’hui je décide de parler de notre collaboration et de faire connaître ou re-découvrir les chansons que j’ai eu le bonheur de créer avec lui.

Cet article, en plusieurs chapitres, a pour but de raconter l’histoire de l’album Comme Vousir?t=laurentfoulon-21&l=am2&o=8&a=B000E0W3LA , de sa création jusqu’à sa sortie dans les bacs fin 2004.

Michel Delpech , l’album «  Comme vous » 

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Chapitre 1

  • La rencontre et les premiers écrits :

Nous sommes en 2001. J’envoie régulièrement des maquettes de chansons à Michel Delpech. Il réside en région Parisienne, moi en Bourgogne. Nous entretenons une correspondance régulière et agréable. j’envoie des CD, il les écoute, il m’écrit gentiment qu’il me remercie mais que ce n’est pas le bon moment etc…

J’insiste encore et encore…

En fin d’année 2002, je reçois un appel de sa femme, Geneviève : « Michel veut vous rencontrer, pas pour un projet mais pour faire connaissance. »

Nous prenons date et me voilà invité à prendre le café chez eux dans les Yvelines.

Nous passons deux heures à discuter de choses et d’autres, je bois deux ou trois cafés, puis Geneviève me propose un excellent vin de Bordeaux auquel je ne résiste pas.

Au cours de cette entrevue Michel paraît ne pas avoir spécialement envie d’écrire de nouvelles chansons. Son dernier album sorti – Cadeau De Noelir?t=laurentfoulon-21&l=am2&o=8&a=B0025I0LZY – co-écrit avec Francis Basset et Jean Baptiste Brimont n’a pas eu le succès escompté. Personnellement j’aime beaucoup ce disque.

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Nous restons donc là avec notre rendez-vous, enfin presque, car Michel me dit  qu’il a un départ de texte mais que c’est encore en chantier.  Un sujet auquel il tient parce qu’à travers ses paroles il souhaiterait s’adresser à la jeunesse, et plus précisément à ses enfants.

Je lui dis juste que s’il finit son texte et qu’il souhaite me le confier, je serai ravi d’essayer de le mettre en musique. Je lui laisse donc mon adresse.

Je repars dans ma campagne profonde, content de cette rencontre mais c’est tout. Je n’envisage rien puisqu’il  me semble que Michel Delpech n’est pas spécialement prêt.

Quelques jours après, je recevais un courrier.

Dans l’enveloppe, un texte manuscrit intitulé Comme vous et un petit mot sur une carte qui disait en substance : Prenez votre temps Laurent.

J’ai posé le texte sur la table du salon, sans le lire. J’ai attendu comme ça une heure ou deux puis j’ai pris ma guitare, me suis assis face au texte, et j’ai laissé faire ma voix et mes mains sur les cordes au fur et à mesure de la découverte des mots.

20 minutes. Le premier jet de la chanson est né en 20 minutes.

J’ai aussitôt appelé l’auteur pour lui annoncer que j’avais bien reçu son texte et qu’il me semblait en avoir fait quelque chose de pas mal. Il était surpris, un peu inquiet de ma vitesse de réaction, et à la fois impatient de pouvoir écouter quelque chose.

J’ai pensé qu’une maquette à la maison ne sonnerait jamais aussi bien qu’une version « live ». C’est ainsi que je suis allé présenter cette chanson dans son plus simple appareil, guitare sur les genoux, chez lui, le jour même.

Le tête à tête n’était pas facile pour moi. Oser présenter une mélodie avec ma voix, devant ce sublime chanteur, et sur ses propres mots… 

Quand nos regards se sont croisés à la fin de la chanson, j’ai cru apercevoir comme une lumière et quelques étoiles au fond des yeux de Michel… un désir de création peut être?

Je pense que ce jour là, j’ai gagné comme une sorte de reconnaissance de sa part. Nous pouvions désormais faire équipe.

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  • les « bouts de textes » , les ébauches  

Nous avons beaucoup échangé pendant ce début d’année 2003, par écrit, téléphone, de visu.

Si Michel écrivait dix lignes à son goût, il me les faisait lire pour avoir mon avis, et si elles m’inspiraient des mélodies, en retour je lui jouais. On gardait l’idée..ou pas. Et c’est tout!

Quand un passage du texte me plaisait moyennement , je lui disais simplement, et à l’inverse pour les mélodies.

Tout semblait très simple. Nous étions dans une relation de confiance et d’honnêteté absolue.

Nous n’avions aucune pression ni l’un ni l’autre, puisqu’aucun projet n’était en ligne de mire, aucune commande de maison de disque non plus.

Nous étions un peu comme des gamins-copains qui, en entassant branchages et fougères au fond d’un jardin , n’avaient pas décidé au départ d’en faire une cabane.

Parfois les textes me parvenaient en intégralité, avec pas grand chose à retoucher, parfois il me confiait trois phrases qui auraient pu faire un demi-couplet, et trois autres pour un demi-refrain.

Aucune règle n’était établie, aucune retenue n’existait, aucune entrave de la part de l’auteur. C’est le compositeur qui faisait qu’un texte pouvait devenir une chanson, et le chanteur qui devait l’apprivoiser comme un tout!

  • La Belgique , été 2003 :

Nous avions déjà quelques belles ébauches de chansons, même deux ou trois chansons bien avancées mais je voulais mieux connaître Michel Delpech, le chanteur.

Il m’a donc proposé de l’accompagner sur une petite tournée en Belgique, ainsi nous pourrions bénéficier d’un maximum de temps ensemble pour peaufiner ce qui commençait à ressembler à un album.

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Nous voilà donc partis, Michel, son agent et moi, dans ce joli et sympathique pays qu’est la Belgique, sous un soleil de plomb et une chaleur caniculaire.

Après quelques dates du côté de Charleroi, nous arrivons à Liège, pays de Simenon. Michel s’est empressé de me faire découvrir cette ville, ses restaurants et brasseries, son histoire.

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Maison natale de G.Simenon, Liège

La journée nous passions beaucoup de temps à discuter, souvent attablés devant un jarret, une assiette de frites et un demi.

Le soir, je profitais de l’absence du chanteur, parti gagné sa vie sur les planches, pour travailler dans ma chambre d’hôtel.

Au retour de Michel, assez tard le soir, nous faisions un point sur les chansons dans sa chambre. J’ai tout enregistré sur des cassettes dictaphone, tout…nos essais de voix, de mélodies, nos rires, nos remarques, parfois même nos énormités d’hommes fatigués.

Je me demande combien de personnes se souviennent d’un illuminé traversant les couloirs ou prenant l’ascenseur en pleine nuit, pieds nus, guitare en bandoulière… Combien ont entendu les ébauches de chansons par la voix de Michel Delpech et la guitare de son compositeur, à n’importe quelle heure dans les hôtels de Bruxelles , Liège ou Charleroi ?

C’est à Liège, en sa compagnie et celle de Pierre Lumbroso (agent de la tournée), que j’ai mangé les meilleures pâtes de ma vie, dans une rue mal famée de la ville basse.

C’est en Belgique que j’ai vraiment découvert l’homme « Delpech » et notamment son humour. Chaque jour, chaque soir, nous enchainions les fous rires, entre deux idées de chansons.

Au retour de Belgique, quelque chose avait changé. Je crois bien que c’est là que nous avons pris conscience que nous avions  matière à tenter la grande aventure. Faire un album ensemble.

Cette perpective excitait beaucoup l’artiste, même s’il savait, et il le répétait souvent, que:

« Un album, c’est un Annapurna ! »

Evidemment il savait que la route serait longue, mais ô combien passionnante.

C’est là que Régis Talar est entré en scène.

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Régis Talar, patron de la maison de disques TREMA, et donc  éditeur / producteur de Michel, était sur le point de céder son label à Universal, et plus précisément au Label AZ.

Régis a eu vent de nos créations par son « artiste maison » pour qui il avait le plus profond respect. Il a écouté attentivement les chansons, en live ou encore sur dictaphone.

Je vous la fais courte: Régis Talar a débloqué les fonds nous permettant d’enregistrer quelques titres en pré-production, et ainsi essayer d’imposer le projet à Universal.

Nous étions Michel et moi, tellement heureux… Le disque allait peut être exister…

 

 

4 réflexions au sujet de « Michel Delpech : L’album « Comme vous » chapitre 1 »

  1. Salut Laurent !
    Je ne savais pas cet attachement (et plus!) à Michel Delpech. J’ai eu le plaisir d’échanger quelques mots avec lui (Loulou était au violon avec lui sur scène à Paris il y a…) et d’évoquer un souvenir d’enfance autour d’une de ses chansons. J’espère te croiser de nouveau un jour pour partager encore un peu autour de ce chanteur que j’écoute régulièrement, comme toi, comme vous!
    A bientôt!

  2. Merci à vous Laurent pour nous faire partager ces instants, ces heures, ces jours que vous avez passé avec Michel DELPECH pour créer cet album, qui a mon sens est l’un des, sinon, le plus réussi !
    Il nous manque beaucoup, à nous aussi.
    Je vais suivre vos articles avec la même passion et , si vous le permettez je vais partager vos articles sur le groupe dont je suis une des administratrices et qui est dédié à Michel (Michel Delepch Com’Vous & moi<3)
    Je tiens également à vous féliciter pour tout le bonheur que vous apportez avec votre guitare et vos chansons dans les ateliers que vous animez.

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